Une nuit
© Bertrand Taoussi – 2025 – reproduction interdite.
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Une nuit
.Au creux du jour je pousse ma douleur dans les bras de ma nuit.
Cette nuit qui ne s’annonce jamais, la nuit dont on ne sait pas quand elle arrive quand elle commence ni quand elle finit, cette nuit où mes jambes démesurée arpentent sans merci la planète de mes rêves.
Cette nuit où le tout n’est rien et le rien devient mon but.
C’est l’habit du rêveur, la cape magique qui escamote l’esprit dans le chapeau du néant.
Nuit océan, flots d’encres noires dessinant les contours d’une œuvre éphémère aux formes végétales.
Nuit féline aux griffes de velours, nuit du silence aux yeux retournées ou chaque bruit est orphelin, où rien ne s’entend mais où tout se sait.
J’ai les bras qui poussent, mes mains sont tendues vers les hanches de l’aube.
J’aime cette fleur qui pleure avant d’affronter la morsure du soleil et sa tête qui se lève comme pour dire je t’aime au premier passant, au dernier vivant.
Je me cherche et jamais ne me trouve.
Je nage et jamais ne me noie.
Les mots se cachent au fond de la gorge et quand le matin ouvre son regard, je me dis que tout peut recommencer et je recommence à tout me dire.
La lumière fait fondre mon ombre et dilue le temps dans le creuset de l’oubli.
La nuit s’éteint
Il fait jour
Je vibre encore.
BT – septembre 2025

