1/ L’espace négatif comme sujet

Onde…

Le sujet en photographie doit-il être une chose concrète que l’on peux nommer ? Qu’arrive t-il lorsque notre œil est attiré par une sensation plus que par une chose ou un être ? Une ambiance lumineuse ou un jeu de couleur sont-ils assimilables à un sujet ?
Cette question à le mérite de mettre en lumière nos intentions sous-jacentes et de complexifier la question de nos centres d’intérêts sur le plan des photographies que nous réalisons ou voudrions réaliser.
Lorsque je visionne cette image je me souvient des conditions et du contexte de la capture. Je sais que mon œil fût attiré par les reflets dans l’eau et par les couleurs pastels qui sous le vent ressemblaient aux dunes d’un désert aquatique. Cette partie de l’image, la plus importante d’ailleurs, est une zone négative proche d’une certaine neutralité. C’est à dire une zone relativement vide dans laquelle le regard se perd (se noie!) et qui nous pousse à trouver ailleurs un point d’accroche. Mais dans le cas de cette image, les branchages du pourtour nous ramènent ostensiblement vers le centre vide. Tout photographe sait bien que la composition sert avant tout à la mise en valeur du sujet et jugerai certainement cette image avec sévérité en disant qu’il n’y pas de sujet.

Et si il nous arrivai de vouloir montrer autre chose que de la matière formée…Bon nombre de capture ont pour origine un jeu de lumière ne désignant aucun sujet en particulier, une situation qui nous plonge dans l’embarras mais ne nous empêche pas de faire des images pour autant. Alors pourquoi ne pas considérer l’espace négatif comme le véritable point d’attention, en faire un sujet comme les autres, utiliser le vide comme un espace contenu par des choses ? L’esprit est capable de performances inouïes en matière d’interprétation, laissons-lui la grâce de construire lui-même l’histoire que la lumière invite à créer. Osons montrer le vide qui comme en musique marque la frontière avec les mondes extraordinaires. Sous les eaux douces de ce lac fourmillent toutes sorte de choses lumineuses que mon esprit s’acharne à remonter dans ses filets.
Le vide est plein de mystère. La vie comme un paysage se love au creux du silence. J’aime ce vide où l il y a toujours une branche à laquelle s’accrocher…