MASCARADE OU DUALITÉ

Envisager, dévisager, ensauvager ou voyager, le visage serait-il autre chose qu’une simple géographie charnelle derrière la brume du souvenir ?

Innocent à demi…

Puisque je suis fait de la somme des passés
Pourquoi le doute encore habite ma raison
Venu des êtres qui en moi se mélangent
Un tonnerre d’orage privé de ses éclairs
Gronde sur la plage peuplée de coquillages
Où d’anciennes fêlures séparent le paysage
En lames de couleurs sur le drapeau du temps.
BT

La liberté ne tient qu’à un fil…

Le vent tombe comme la nuit
Sur tous les enfants du monde
Emportant au loin les sourires
Jetant sur la grève les scories
Reste dans l’air un air de fête
Un rien qui fait la différence
Entre les mailles du silence
Je veux être l’eau des nuages
Ou le bois d’une forêt dense
Courir au-devant des rires
Et garder dans mon sillage
Le peuple de mes souvenirs.
BT

Dans la jungle du souvenir…

Par-delà le grillage de nos interdis
Où poussent les amours sauvages
Résonne parfois le rire de l’enfance
Vrillés aux branches de l’imaginaire.
BT

Cette tache que rien n’efface…

La paroi est de taille pour un paria anonyme
Elle abrite le visage des jours de pluie
L’œil du dehors fixe l’horizon d’où l’on vient
Plus bas une bouche interroge le voyant
Le mur porteur garde l’intime conviction
Que le chemin sera dur bien que prometteur.
BT

Échalas de gouttière …

Une dose de malice dans un corps plastique
Irréelle attitude d’un masque de jouissance
Suspendue à la vie tel un drap au fil du temps
Ressemble au sacrifice des ancêtres de jadis
À l’aplomb d’un mur d’où transpirent les écumes
De tant d’années de pluie et de soleil mêlés.
BT

Dans le blanc de l’œil…

Si le fond de l’œil effraie
C’est que jamais il ne parle
Trop occupé à faire du yoga
Avant que l’alarme s’écoule
À la commissure du jour.
BT