4/  Thème imposé : la ville

La ville qui jamais ne s’endort…

Par sa complexité la cité offre aux regards une myriade de sujets imbriqués les uns dans les autres. Cet espace labyrinthique me donne la sensation d’un lieu ponctué d’ouvertures et de sas dans lequel le mot liberté change d’aspect et se couvre d’un voile opaque comme pour se rendre invisible…
La ville empile les corps dans des cases, la rue en tant que vecteur de déplacement et un lieu d’échanges, c’est là que je voudrais toucher du doigt (ou de l’œil) ces émotions qui m’assaillent quand mon regard s’y perd. Pour cette thématique j’ai d’abord pensé montrer le contraste  entre la cité Médiévale (Carcassonne) et la ville actuelle mais les faibles lumières des jours actuels m’ont amené à garder mon objectif tout en changeant les moyens d’y parvenir : construire moi-même l’environnement urbain à l’aide de cartons et de papiers de soie. Dans cette image nocturne (parce que la ville montre son âme quand le jour glisse dans les caniveaux) j’ai voulu évoquer l’impossible communication des êtres, la nature profondément disproportionnée des corps face au bâti. Le rapport entre la modernisation de la société et le poids qu’elle fait peser sur l’humain apparaît alors dans toute sa complexité au travers d’un dispositif d’une grande simplicité. Voilà le propos de cette image qui m’a donné du plaisir dans sa réalisation en retrouvant mes gestes d’enfant, cet enfant qui connut la ville et la fit sienne dans ces longues marches silencieuses en quête d’un autre soi, pour rencontrer la vie…

À bientôt pour une nouvelle histoire d’image…