HISTOIRE D’UNE IMAGE / 2
Thème imposé :  Éclairage à la bougie

Flamme d’une vie…

Le principe d’un thème imposé permet une confrontation directe entre nos désirs plus ou moins conscients et une réalité qui nous est étrangère. La plupart du temps le sujet ne nous parle pas de prime abord, il nous faut se soumettre à la direction imposée, prendre un chemin inconnu, accepter la difficulté comme une invitation à grandir…

La bougie ne fait pas partie de mes centres d’intérêt, je privilégie la lumière solaire à toute autre, voici donc un défi hors de ma zone de confort…
Comme chaque fois qu’il s’agit de produire une image à base d’objets mis en scène je me trouve devant l’angoisse de la page blanche ou plutôt d’une pénombre insondable. Je cale dès la première mesure du morceau, je me trouve vide d’imaginaire et commence à me demander si je ne vais pas laisser tomber (oui je sais ce n’est pas bien de manquer de persévérance à ce point mais n’y a-t-il pas un grand manque de confiance à l’origine de tout acte créatif ?)…
Je ne laisse jamais tomber et pour cette raison seule je m’enchante toujours de mon résultat tant il me paraît improbable à concevoir au départ et tant il me semble évident à l’arrivée. Je m’explique. Le principe repose sur la rencontre d’au moins deux choses, deux objets tendus à la lumière. Contrairement à ce qu’on pourrait croire au premier abord mon sujet était le pot de verre qui devait emprisonner la bougie. Après quelques essais peu concluants je pris le parti de chercher un autre sujet tout en conservant le premier. La statuette était sous mes yeux, je l’ai emprunté pour remplacer la bougie que j’ai seulement déplacée derrière. À ce stade l’histoire était partiellement écrite, j’ai complété la scène avec un autre pot et une autre bougie placée derrière la première. Ainsi est apparue cette image dont je dois reconnaitre qu’elle me laisse encore perplexe après plusieurs lectures.

Certains objets ont la capacité de porter une charge symbolique puissante. Cette bulle de verre où se tient une nymphe diaphane peut s’interpréter de mille manières (j’exagère quelque peu pour le plaisir), ce qu’elle représente vient se heurter aux parois glissantes et lucides (pour ne pas dire transparentes…) d’une cage qui la protège et l’isole comme une idole. Je ne suis pas là pour faire ma propre interprétation, je préfère la vôtre, celle que je ne connais pas mais qui vibre dans l’air chaud de cette image. J’avais imaginé au départ faire un autoportrait, au vu du résultat final forcé est de constater qu’après trente minutes de prise de vues, mes mains, mes yeux et la lumière ont accouché d’une chose que j’étais loin d’imaginer.
En photographie, même si on ne sait pas ou on va, on va forcement quelque part et quelque ce part est un enfant de l’imaginaire accoudé au parapet du réel…
Donnons-nous la chance de la rencontre avec cet instant magique, prenons deux objets, offrons-les à la lumière et perdons notre sens du raisonnable.

À bientôt pour une nouvelle histoire d’image…